Saison 2022-2023

Le toit de nos rêves

Cette saison à la Tempête a été marquée par la disparition de Philippe Adrien, directeur historique pendant plus de trente ans. Son esprit imprègne nos murs. Sa malice, sa liberté et son art nous accompagnent et nous inspirent. Au moment de lancer une nouvelle saison j’ouvre son livre Instant par instant qui retrace une année de son enseignement au sein du conservatoire. En préambule, cette citation de Montaigne :

« Maintenant, c’est fait. Le monde n’est plus qu’une branloire pérenne. Toutes choses y branlent sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Égypte. La constance n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet. Il va trouble et chancelant, d’une ivresse naturelle. Je ne peins pas l’être. Je peins le passage, de jour en jour, de minute en minute. Mon âme est toujours en apprentissage et en épreuve. » 

Je souris. Le doute au cœur, le doute comme moteur… Ainsi en va l’âme du Théâtre de la Tempête, toujours animée, toujours en apprentissage. Nos instants sont les spectacles que nous accueillons. Après une saison débordante, nous reprenons un rythme qui nous est plus naturel, avec des séries longues. Elles permettent de voir les spectacles vivre et bouger avec le public dont le regard et l’écoute chaque jour renouvellent la représentation. Instant par instant, replonger, jamais dans la même eau.

 

Tout branle, c’est si vrai. Tout s’ébranle. C’est le mouvement. Et chacune des pièces qui dessinent le chemin de cette saison est un déplacement, une odyssée chancelante, intérieure ou sur les océans. Les certitudes vacillent. « Car savoir ou raison n’est pas toute sagesse », dit Platon lui-même, il y a aussi la sagesse des rêves, ivresse naturelle. 

Nous tendons l’oreille, ouvrons les yeux pour nous saisir de cet objet insaisissable qu’est la vie elle-même.

Dans ce monde qui branle nous restons sous notre toit avec la troupe éphémère constituée des artistes bien-aimés qui peuplent notre saison. Nous restons dans notre maison ouverte à tous les vents, malgré les remous, les à-coups, les bouleversements.

« Si l’on nous demandait le bienfait le plus précieux de la maison, nous dirions : la maison abrite la rêverie, la maison protège le rêveur, la maison nous permet de rêver en paix », écrit Gaston Bachelard

Rêveuses et rêveurs, bienvenue chez vous.

Clément Poirée et l’équipe de la Tempête

Anaïs Nin au miroir

texte Agnès Desarthe

mise en scène Élise Vigier

L'Amour telle une cathédrale ensevelie

texte et mise en scène Guy Régis Jr

Les étoiles

texte et mise en scène Simon Falguières

Arrête avec tes mensonges

texte Philippe Besson

mise en scène Angélique Clairand, Éric Massé

Le Chant du père

texte et mise en scène Hatice Özer

ADN

texte Dennis Kelly

traduction Philippe Le Moine

adaptation et mise en scène Marie Mahé

On ne paie pas ! On ne paie pas !

texte Dario Fo, Franca Rame

traduction et adaptation Toni Cecchinato, Nicole Colchat

mise en scène Bernard Levy

Rodez-Mexico

texte et mise en scène Julien Villa

Des châteaux qui brûlent

d'après le roman d'Arno Bertina

adaptation Anne-Laure Liégeois avec la collaboration d'Arno Bertina

mise en scène Anne-Laure Liégeois

Voix

texte et mise en scène Gérard Watkins

Amnesia

texte et mise en scène Sarah M.

Baal

texte Bertolt Brecht

traduction Eloi Recoing

adaptation et mise en scène Armel Roussel

Le Grognement de la voie lactée

texte Bonn Park

traduction Laurent Muhleisen

mise en scène Paul Moulin, Maïa Sandoz

Cette saison, il y avait aussi...

Vanish

d’après Océanisé.e.s de Marie Dilasser

adaptation Lucie Berelowitsch, Marie Dilasser

mise en scène Lucie Berelowitsch

Vania / Vania ou le démon de la destruction

d’après Anton Tchekhov

mise en scène Clément Poirée