Arno Bertina

Rester en mouvement, y compris et surtout dans le rapport qu’on entretient à sa propre identité, se découvrir capable de métamorphoses et capable de s’affranchir de ce qui écrase pour se sentir à nouveau présent au monde, se découvrir capable d’entendre la rumeur du monde, les voix les plus étouffées… Ces thèmes, ces questions obsèdent chacun des romans d’Arno Bertina.

Né en 1975, il est l’auteur d’une quinzaine de livres, parmi lesquels deux romans aux éditions Actes Sud : Le Dehors ou la migration des truites (2001), où l’on suit en 1961 les trajectoires d’un immigré kabyle en France et d’un médecin français émigré en Algérie ; et Appoggio (2003) où est dressé le portrait d’une chanteuse lyrique accusée de crime. En 2006 paraît le foisonnant Anima Motrix, publié dans la collection Verticales (Gallimard), histoire d’un ancien ministre en fuite, qui, fou et traqué, évolue vers l’humanité. En 2009 c'est un court récit, Ma Solitude s’appelle Brando, « hypothèse biographique » d’un personnage nommé « Lui ». Paraît ensuite Je suis une aventure (2011), roman dans la veine picaresque, dont l’un des principaux protagonistes est le tennisman « Rodgeur Fédérère ». Et encore J’ai appris à ne pas rire du démon, où un vendeur de bibles, un shérif et un producteur de rap, relatent leur rencontre avec Johnny Cash. C’est en août 2017, que paraît Des châteaux qui brûlent, chez Verticales.

Arno Bertina est également l’auteur de romans écrits dans les marges de travaux photographiques : La Borne SOS 77 et Numéro d’écrou 362573. Il écrit régulièrement pour des revues littéraires et a notamment adapté pour France Culture Sous le Volcan de Malcolm Lowry, La conscience de Zeno d’Italo Svevo, et Les Démons, de Dostoïevski.

Il a été pensionnaire de la Villa Médicis (Rome) en 2004-2005, en a rapporté un étonnant ouvrage : Anastylose, farce archéologique en deux actes et un aparté. « Le Matricule des Anges » lui a consacré son dossier du mois en novembre 2006, « Les rencontres de Chaminadour » lui ont été dédiées à l’automne 2017, et un volume critique sur son travail a paru à l’été 2018, publié par Classiques-Garnier sous la direction d’Aurélie Adler.

À part tout cela, Arno Bertina est aussi un auteur avec lequel il est passionnant de travailler car toujours prêt à parler des « personnes » qu’il invente dans ses œuvres ; il leur donne un corps, une âme. Et ne les rend jamais intouchables. Toujours prêt à écrire, réécrire, inventer. Et aussi toujours prêt, dans un éclat de rire, à faire la fête !

photo © Bruno Barlier

Au théâtre de la Tempête