INTERPRETATION
travail de scènes


Nous nous attacherons dans un premier temps à la constitution d’un répertoire diversifié qui permette d’étudier la spécificité du langage dramatique. À la logique de l’approfondissement (une œuvre, un auteur), nous substituons une pensée de la multiplicité et jouerons de la confrontation entre répertoire et textes contemporains.

Nous tentons d’éclaircir les questions suivantes : à quelle condition la parole se fait-elle théâtrale ; comment se différencie-t-elle de la conversation ou du dialogue romanesque ? Mais aussi : par-delà la diversité des écritures, de quel souci constant le théâtre témoigne-t-il ? Quelle interrogation l’humanité poursuit-elle, voire quel procès engage-t-elle contre elle-même à travers lui ?

Prenant en considération l’exigence moderne de sincérité, nous tendons à inscrire les situations dans un rapport humain concret et véridique : réalisme des relations. Toute action scénique se doit d’être « logique, cohérente et vraie ». Quelqu’un parle : à quelle condition sa parole peut-elle être entendue ? Mais à placer l’insistance sur l’authenticité des comportements, on se donne aussi les moyens de découvrir un envers qui vient à dissocier sincérité et vérité. Le personnage n’est pas à croire sur parole ; ce qu’il montre c’est son aveuglement, et la vérité naît de cette division même qu’il ignore et que nous, spectateurs, voyons. Ce qui est en jeu dans la relation avec l’autre (pesée, emprise, défi, appel…), comment cela s’accorde ou vient blesser l’idée de soi, suscite ou apaise la querelle que chacun entretient avec sa propre image : voilà ce que l’interprétation a pour objet de travailler et le plaisir du jeu naît de la possibilité offerte à l’acteur de manipuler des indices de comportement sans se confondre avec eux.

Chaque écriture fonde sa propre grammaire et propose au déchiffrage le schème relationnel qu’elle met en jeu : aux acteurs - créant espace et temporalité - de nous révéler, par un subtil nouage de l’action, de la parole et du silence, l’évidence de la fiction comme vérité.

Nous chercherons ensemble les conditions, les moyens, les procédures susceptibles de faire advenir une interprétation juste, et au-delà, ces moments d’incandescence, de fusion, entre l’interprète et l’œuvre où nos doutes, quelquefois, parviennent à se dissiper.

Philippe Adrien et Dominique Boissel

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Intervenants
• Philippe Adrien, metteur en scène.
• Dominique Boissel, conseiller artistique.

Dates et lieu de la formation
• réunion de préparation lundi 17 novembre 2014 à 14h30 (présence indispensable).
• stage du 24 novembre au 12 décembre 2014 (105 heures), du lundi au vendredi, au Théâtre de la Tempête.

Candidatures
Adresser avant le 24 octobre 2014 une lettre de motivation, un C.V. et une photo (par mail à stages@arrt.fr, en indiquant votre adresse postale).
Parallèlement, vérifier auprès de l'AFDAS si vous êtes bien recevable pour une prise en charge : avoir deux ans d’ancienneté et fait 48 cachets (pas d’obligation d’être intermittent).
Une première sélection se fera sur dossier et des entretiens auront lieu avec Dominique Boissel du 3 au 7 novembre 2014.

24 NOVEMBRE // 12 DECEMBRE 2014



>> renseignements 01 43 65 66 54
>> stages@la-tempete.fr

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