Biographies

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Arthur Adamov



 

Né à Kislovotsk (Caucase), il passe ses premières années à Bakou ; ses parents possèdent « une bonne partie des pétroles de la Caspienne ». Surprise en Allemagne par la déclaration de la Première Guerre mondiale, la famille se réfugie à Genève. La révolution d’Octobre et la guerre civile l’installent dans l’exil, définitivement. La Suisse, jusqu’en 1922, puis l’Allemagne « folle » de la République de Weimar ; en 1924, enfin, c’est l’établissement en France.

(…) Rencontres et amitiés décisives : Paul Eluard lui fait côtoyer le groupe surréaliste, auquel il ne peut s’intégrer ; en 1928, Le Songe de Strindberg dans la mise en scène d’Antonin Artaud (il publiera un Strindberg en 1955) ; en 1935, Marthe Robert, qui lui fera découvrir Kafka et la psychanalyse ; en 1938 Roger Gilbert-Lecomte, dont la revue Le Grand Jeu  l’avait impressionné. C’est cette année-là qu’il traduit Le Moi et l’inconscient de Jung et commence d’écrire « sérieusement » : premières confessions d’une conscience dramatique vivant intensément le sentiment de séparation. La rédaction de ces textes se poursuivra pendant la guerre (Adamov est interné six mois au camp d’Argelès pour son hostilité avouée à Vichy), et leur parution (L’Aveu, 1946) sera saluée par Artaud. Dès lors, son écriture sera dramatique : ses premières pièces (La Parodie, écrite en 1947 ; L’Invasion, 1949 ; La Grande et la Petite Manœuvre, 1950 ; Le Professeur Taranne, 1951 ; Tous contre tous, 1952 ; Le Sens de la marche, 1953 ; Les Retrouvailles, 1954) ont pu être rattachées au théâtre de l’absurde en compagnie des œuvres contemporaines de deux autres « exilés », Ionesco et Beckett.

Sans doute expriment-elles une attitude analogue de distance dubitative vis-à-vis de toute société, mais (…) s’il y a une évolution du dramaturge, on ne peut vraiment parler d’une coupure entre un Adamov « de l’absurde » et un Adamov « de l’engagement ».

Ses contributions aux expériences du théâtre populaire de l’après-guerre lui ont fait rencontrer un autre public : succès de son adaptation de La Mort de Danton de Büchner au festival d’Avignon (1948), travail avec Roger Planchon sur des adaptations de Kleist et de Marlowe (il traduit encore ou adapte pour la scène Rilke, Strindberg, Tchekhov, Dostoïevski, Gogol, Gontcharov, Gorki, Max Frisch). La venue à Paris du Berliner Ensemble et la découverte du fait brechtien vont marquer Adamov, qui se lie à la revue Théâtre populaire. Suivront Le Ping-Pong en 1955, Paolo Paoli en 1956 (…)

S’opposant à la guerre d’Algérie, il se rapproche du Parti  communiste, dont il restera un « sympathisant ». Il écrit Le Printemps 71 (1960), inspiré par la Commune de Paris. Il traduit Le Théâtre politique de Piscator, et en 1964 paraît Ici et maintenant, recueil de textes sur la pratique théâtrale. C’est au cours d’une longue période de maladie qu’il travaille à Sainte Europe (1965) et à M le Modéré (1967), ainsi qu’à L’Homme et l’Enfant (1968), livre de souvenirs et journal où il reconstitue des scènes de sa vie et les interroge en phrases brèves et fulgurantes.

Ses dernières œuvres (Off Limits, 1968 ; Si l’été revenait, 1969 ; Je… Ils… , réédition de L’Aveu suivie de courts textes autobiographiques ou érotiques, 1969) procèdent de cet art qu’il souhaitait, « contraint de se situer toujours aux confins de la vie dite individuelle et de la vie dite collective », reliant les fantasmes et les névroses aux contradictions sociales.

 

D’après L’Encyclopaedia  Universalis

 

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