1996

1997

HAMLET mise en scène Philippe Adrien

de Shakespeare, texte français Luc de Goustine


Hamlet ne peut manquer de nous évoquer les querelles de frontières, conflits ethniques ou combats fratricides dont, en Europe même, nous sommes les témoins quasi impuissants. Mais il me semble qu'aujourd'hui nous entendons différemment le diagnostic de Marcellus : Quelque chose est pourri dans l’Etat de Danemark. Nous l’entendons en général : quelque chose est pourri dans l’Etat, c’est-à-dire dans les affaires du monde, dans la politique. Un peu plus tard Hamlet renchérit : Le temps est détraqué, ah, maudite faveur que je sois jamais né pour le remettre à l'heure ! La dimension d’éternité de l’oeuvre comme du héros tient, pour une grande part, au perpétuel retour dans le monde de cette nécessité de reprendre, de poursuivre la lutte contre la barbarie.
Mais si Hamlet nous fascine autant, c’est à l’évidence pour d’autres raisons plus mystérieuses. Victor Hugo, qui considérait la pièce comme le chef-d’oeuvre de la tragédie rêve, insiste sur la singularité du personnage d’Hamlet lui-même, de son mode d’être : Il y a dans toutes ses actions du somnambulisme répandu. On pourrait presque considérer son cerveau comme une formation ; il y a une couche de souffrance, une couche de pensée, puis une couche de songe. C’est à travers cette couche qu’il sent, comprend, apprend, perçoit, se moque, pleure et raisonne... Hamlet n’est pas dans le lieu où est sa vie.
C’est sans doute pourquoi nous reconnaissons en lui non seulement notre contemporain, mais un frère : tel qu’en nous-mêmes, divisé.

CRÉATION 1996


Production ARRT

• création au Théâtre de la Tempête du 22 octobre au 1er décembre 1996
• tournée France en 1996, France-Antilles en 1997
• reprise au Théâtre de la Tempête du 23 septembre au 1er novembre 1997
109 représentations et 27.479 spectateurs

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