1990

1991

L'ANNONCE FAITE À MARIE mise en scène Philippe Adrien
de Paul Claudel


J'aime beaucoup la manière dont Claudel raconte l'histoire de L'Annonce faite à Marie. Spécialement dans un certain article de la Croix du 8 mars 1948. Le vieux poète - comme il se nomme lui-même - a quatre-vingt ans et cela fait alors cinquante six ans que l'aventure a commencé ... cinquante six ans / qu'un mystère, une parabole, dans l'esprit de ce jeune sauvage qui venait de retrouver son âme, requérait son droit à l'expression et convoquait confusément son personnel. Le dit personnel - les personnages - à peine rassemblés par la jeune fille Violaine (ébauche de L'Annonce) ne tarde pas, nous dit-il, à regimber, à intriguer, à trafiquer je ne sais quoi sous la présidence d'un nouveau venu appelé Pierre de Craon. Tout au long de ce texte nous sommes introduits à ce point de vue que l'auteur ne va pas du tout là où il veut mais bien où on le mène, oui, comme Violaine qui, dans le prologue des différentes versions de L'Annonce faite à Marie dira toujours la même chose:

"Tous est parfaitement clair, tout est réglé
d'avance et je suis très contente.
Je suis libre, je n'ai à m'inquiéter de rien,
c'est un autre qui me mène, le pauvre
homme, et qui sait tout ce qu'il y a à faire!"

Ainsi donc de Violaine et du poète qui se réclament de la même foi. Mais d'où vient que l'artiste païen, incroyant voire blasphémateur semble bien n'avoir jamais procédé autrement? Ce qui maintes fois m'a fait soutenir le caractère d'évidence de ce que je fais, de ce que j'essaie de faire. Il faut en effet remarquer cette curiosité, savoir que cela aille de soi et qu'il faille cependant dans certains cas s'y reprendre à plusieurs fois. Comme Claudel pour L'Annonce.

Il y a quelques temps j'avais lancé cette idée de monter L'Annonce faite à Marie, la première version la plus religieuse. / Il a fallu l'occasion d'un atelier à l'Ecole du TNS et de ma classe au Conservatoire pour que je découvre l'immense pouvoir scénique du texte. C'est à dire d'abord son pouvoir sur moi, de me secouer, de me retourner, de me balayer, et ce le plus souvent par ses moyens les plus modestes, les plus simples.

Philippe Adrien

CRÉATION 1990


Production ARRT

• création au Théâtre de la Tempête en 1990
• reprise au Théâtre de la Tempête en 1991,
nomination pour la mise en scène au prix Dominique et aux "Molières 91"
• tournée France 1992, France, Europe centrale, ex-URSS en 1993
125 représentations et 32.168 spectateurs

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